C’est l’heure de la rentrée littéraire 2025 ! Comme chaque année, cet événement tant attendu propose une multitude de romans et de nouvelles voix qui font leur entrée. Cette année ce sont 73 premiers romans qui sont prévus et qui promettent de nous surprendre. Cependant, nous allons nous intéresser à une sélection de 10 livres qui me font de l’œil. Entre dystopie, récits engagés sur les conditions de vies et de quête identitaires, c’est une rentrée particulièrement riche et diversifiée qui s’annonce.
La condition de vie au cœur des récits
La première thématique de la rentrée littéraire 2025 est la condition des femmes notamment à travers trois romans complètement différents.

Nourrices, de Séverine Cressan
Dans un village reculé, les femmes vivent grâce à la vente de leur lait maternel. Elles accueillent des nourrissons de la ville. Sylvaine, jeune mère, découvre une nuit un bébé abandonné dans la forêt avec un carnet révélant son histoire. Quand l’enfant qu’elle gardait meurt subitement, elle décide d’échanger les bébés pour sauver le mystérieux nourrisson. Cette substitution bouleverse sa vie et celle du village. Le premier roman de Séverine Cressan explore l’univers méconnu du commerce du lait maternel. Entre réalisme social et atmosphère enchantée, l’autrice donne une voix à ces mères invisibles dans un récit à la fois bouleversant et troublant.

Disgressions de Rosalind Brown
Annabel, étudiante à Oxford, doit rédiger une dissertation sur les Sonnets de Shakespeare pour le lendemain. Malgré sa routine matinale rigide et ascétique, elle n’arrive pas à se concentrer sur son travail. Elle se laisse constamment distraire par les détails du quotidien : le bruit de sa bouilloire, ses sensations corporelles, un coureur qui passe. Le roman suit cette journée d’hiver à travers ses divagations mentales et ses réflexions sur la vie universitaire. Entre procrastination et introspection, Annabel s’évade dans des fantasmes littéraires et sexuels. Ce premier roman explore ainsi les territoires du désir féminin. Un portrait intimiste sur la solitude étudiante et les méandres de la pensée féminine.

Une pieuvre au plafond Melissa Melvin
Dans les Hauts-de-France, Sibylle et Simon vivent en marge de la société. Leur vie est partagée entre créativité artistique et précarité. Leur rencontre avec Haroun transforme leur relation en un trio passionnel qui défie les conventions. Ensemble, ils tentent de réinventer leur existence malgré leurs dépendances et leurs traumatismes. Melvin Mélissa dresse un premier roman punk et queer. Des survivants en quête de liberté. Un chant poétique et mordant sur l’addiction et les identités LGBT+ dans le nord de la France.
Entre dystopie et psychologie, des romans poignants
Les dystopies font également leur rentrée littéraire à travers 2 romans. D’un côté en mettant en avant l’écologie et de l’autre tout l’univers psychologique d’un monde en perdition.

La déroute d’Emma Pattee
Annie, enceinte de neuf mois, survit à un violent tremblement de terre dans la région des Cascades. Malgré ses cours de préparation à l’accouchement, elle comprend qu’elle doit avant tout marcher pour retrouver son mari dans la ville dévastée. Durant ce périple de 24 heures, elle découvre les limites de l’humanité, mais aussi sa persistance face à l’effondrement. Emma Pattee signe un court roman haletant qui interroge nos dénis et nos instincts de survie. Entre apocalypse et naissance imminente, l’autrice explore avec tendresse et poésie ce qui subsiste quand tout s’écroule. Un récit du chaos traversé par l’espoir et la force de vivre.

L’âme de fond de Julia Clavel
Caroline, psychologue aux fêlures profondes, remarque des phénomènes inquiétants. En effet, des patients disparaissent, des décès inexpliqués. Des menaces qu’elle semble la seule à percevoir. Trois de ses patients sont particulièrement vulnérables : Hadrien l’avocat incapable d’attachement, Sophie la mère en quête de sens, et Michel le ministre dépassé. Tandis que Caroline mène une enquête obsessionnelle, ses patients sombrent peu à peu dans leurs contradictions internes. Julia Clavel signe un roman d’anticipation saisissant qui interroge nos désalignements intimes. Et si notre plus grand danger venait de nos propres failles psychologiques ? Un thriller psychologique où les dérèglements individuels rencontrent ceux d’une société au bord de la rupture..
Une rentrée littéraire sous le signe de la liberté
Cette thématique met en avant des romans historiques, des récits sur des enquêtes et font resurgir la vérité, leur vérité, leurs histoires.

La hideuse de Reine Bellivier
À la fin des années 1950, Marguerite abandonne son mari et ses trois enfants dans un bourg des Deux-Sèvres. Elle disparaît sans explication. Des années plus tard, sa fille mène l’enquête pour comprendre les raisons de cette fuite qui a marqué sa vie. Entre indices littéraires, journaux intimes et souvenirs, elle reconstitue l’histoire de sa mère et la condition féminine de l’après-guerre. Marguerite aurait rejoint un homme plus aisé sur la côte, mais cette version cache peut-être une vérité plus complexe. Émerge peu à peu le portrait d’une femme aux rêves plus vastes que son horizon familial et social. Reine Bellivier signe un premier roman poignant sur le désir impétueux de liberté et son pouvoir de bouleverser des vies en apparence ordinaires.

Les 8 Vies d’une mangeuse de terre de Mirinae Lee
Dans une maison de retraite sud-coréenne, une centenaire nommée Mook Miran accepte de résumer sa vie en quelques mots. Au lieu de trois mots demandés, elle en choisit sept : esclave, reine de l’évasion, meurtrière, terroriste, espionne, amante et mère. Ces sept identités racontent un destin improbable qui traverse près d’un siècle d’histoire coréenne tumultueuse. Entre vérité et affabulation, cette femme insaisissable révèle les multiples vies qu’elle a dû endosser pour survivre. Mirinae Lee signe un portrait virtuose d’une héroïne complexe et de la Corée déchirée. Un appel sincère à embrasser la vie dans toute sa complexité et ses contradictions.
Des histoires sur la quête identitaire
La rentrée littéraire 2025 offre son lot de récits où les protagonistes sont en quête de leur identité.

Je rouille de Robin Watine
Chaque été dans le sud de la France, Noé travaille au restaurant de plage de son père et retrouve ses amis habituels. Il n’attend qu’une chose : les retrouvailles avec Léna, une Parisienne charismatique et cultivée qui le fascine. Cependant, il se perd dans ses incertitudes face à cette jeune femme rayonnante, se demandant ce qu’elle peut lui trouver. Il sait qu’un amour de vacances ne dure pas, mais refuse de tout gâcher par ses doutes. Ce premier roman dépeint un amour incandescent et inquiétant dans une langue nerveuse et ciselée. Le portrait d’un jeune homme en quête de lui-même, cherchant des réponses dans le regard de l’autre.

Brutes de Dizz Tates
Sammy Liu-Lou, quatorze ans, disparaît dans une petite ville de Floride. Tout le monde se met à la rechercher. Une bande de filles du coin observe les événements depuis leurs fenêtres, équipées de jumelles, scrutant chaque mouvement. Leila, Britney, Jody, Hazel, Isabel et Christian sont ces adolescentes qui font semblant de savoir où elles vont dans la vie. Entre enfance et âge adulte, elles naviguent dans cette période trouble de l’adolescence. Sont-elles de simples observatrices ? Un récit sur la jeunesse féminine, ses apparences et ses secrets, où l’on « scintille » tout en ayant « l’impression de ne pas exister ».

Les mandragores de Marius Degardin
Dans le Paris des années 80, la fratrie orpheline des Cipriani vit dans l’Amore e Gusto, un restaurant italien à l’abandon. Benito, 18 ans, timide et silencieux, admire ses frères et sœur mais peine à s’exprimer comme eux. L’annonce du retour de leur mère après dix ans d’absence bouleverse l’équilibre fragile de la famille. Benito entame alors une errance à travers Paris, des bas-fonds aux couloirs de Saint-Anne. Il sera alors en quête de son identité. Marius Degardin, 22 ans, signe un premier roman poignant sur une jeunesse en lutte contre le désespoir. Une histoire bouleversante qui ose affronter la lumière malgré l’accablement et l’enfermement.
Des premiers romans qui promettent d’être bouleversants, poignants et plein de rebondissements ! J’ai hâte de les lire et de vous en faire des chroniques littéraires détaillées. Je pourrais alors partager avec vous mes découvertes et mes coups de cœur. Et vous quel est le roman que vous aimeriez absolument lire en cette rentrée littéraire 2025 ?
En attendant, vous pouvez trouver la sélection de premiers romans de l’année dernière.
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